QI vs QE

Pourquoi opposons-nous toujours le quotient intellectuel au quotient émotionnel ?

N'avez-vous jamais entendu ces histoires de génies dont la capacité émotionnelle équivalait celle d'une petite cuillère, comme dirait Hermione Granger ? Et les exemples fictifs ne manquent pas non plus : Sherlock Holmes, Dr House... A croire que l'intelligence « traditionnelle », celle qui nous permet d'apprendre et de raisonner, et l'intelligence émotionnelle étaient incompatibles. Etrange, non ?

Et un peu triste aussi.

Alors bien que je ne sois pas neurologue, ni rien d'approchant, je me suis posé la question de savoir pourquoi cette opposition était si répandue dans l'inconscient collectif, et si c'était fondé (d'après mes petites connaissances).

On m'a toujours dit que le cerveau humain était constitué de deux hémisphères, ayant des rôles distincts. L'hémisphère gauche serait relié à la logique, au raisonnement, en somme à ce qu'on pourrait appeler le QI, bien que n'ayant jamais passé de test de QI, je ne sais pas si l'intelligence testée est abordée plus largement. L'hémisphère droit, quant à lui, est le cerveau créatif, et moins rationnel. D'emblée, j'ai bien envie d'associer l'intelligence émotionnelle à cet hémisphère, car la créativité et l'art sont souvent associés aux émotions et sentiments.

Bien sûr, il faut garder en tête (les deux parties si possible !) que le cerveau humain est sans doute bien plus complexe que cela, et que de plus il évolue tout au long de la vie. Mais si les scientifiques ont découpé notre cerveau de cette façon, il y a sans doute une tendance générale à utiliser telle ou telle partie selon les activités et pensées.

Et on entend souvent dire que telle ou telle personne est plutôt cerveau droit ou cerveau gauche. Mais alors, cela voudrait dire que si une partie du cerveau se développe, cela se fait au détriment de l'autre partie ?

Bien sûr, il est possible de développer un certain type d'intelligence, certaines compétences, mais il ne me semble pas que cela nuise au développement d'autres compétences. Au contraire, faire travailler son cerveau, peu importe comment, devrait rendre cela plus facile de le faire travailler même sur d'autres aspects.

Donc cela voudrait dire que si une compétence « s'atrophie » au profit d'une autre, c'est tout simplement qu'elle est négligée et que tous les efforts sont déployés sur d'autres aspects.

Cela est tout à fait possible. Bien que l'intelligence émotionnelle soit un sujet qui prend de plus en plus d'importance dans le monde du travail, et par répercussion dans la formation, l'éducation a souvent mis l'accent sur l'intelligence logique et le raisonnement. Si cela n'empêche pas le développement de l'intelligence émotionnelle par d'autres moyens, cela ne l'encourage pas non plus. Et les personnes extrêmement brillantes, se dirigeant vers de hautes études (par envie ou poussées par la société), y investissent énormément de temps et d'énergie. De plus, encensés par la société, ils peuvent développer une certaine arrogance (pas toujours, heureusement !), et avoir tendance à se reposer sur leurs lauriers en ce qui concerne leur personnalité.

Et l'intelligence émotionnelle, on la développe comment ? Bonne question ! En se confrontant aux autres, j'imagine, en se remettant en question (d'où l'inconvénient de l'arrogance), et en étant à l'écoute, des autres et de soi. Oui, de soi, car l'intelligence émotionnelle passe tout d'abord par la reconnaissance de ses propres émotions. Donc, être à l'écoute de soi-même. Un des moyens les plus connus d'y arriver, c'est la méditation, ainsi que les autres méthodes consistant à « faire le vide dans son esprit », à arrêter de penser pour juste ressentir et être. C'est là que ça se complique ! Faire le vide dans son esprit, arrêter de penser, c'est tout un programme pour quelqu'un ayant pour habitude d'apprendre et de questionner tout pour comprendre. Ça fait un peu peur, et ça paraît impossible. Mais tout le monde le dit : c'est juste une question d'entraînement et c'est à la portée de n'importe qui.

Voilà qui est plus encourageant ! Développer son savoir, sa logique, sa mémoire, ne nuit pas à l'intelligence émotionnelle, si on en prend soin. Pour ma part, je pense que cela peut même être très bénéfique. La curiosité peut développer l'ouverture au monde. Etant une grande amoureuse des langues, et très curieuse de nature, j'adore apprendre de nouvelles langues, ce qui m'amène de nouvelles façons de penser et une meilleure compréhension des autres, j'adore voyager et découvrir les cultures, discuter avec les personnes que je rencontre... Je développe des capacités de communication, moi qui suis introvertie (et qui étais extrêmement timide). Etonnant n'est-ce pas ?

L'être humain est capable de développer toutes les compétences et tous les talents qu'il veut, et les schémas et normes de société n'y changeront rien.